Jenny est maîtresse d'école. Son petit ami et elle quittent Londres pour passer un week-end romantique au bord d'un lac. La tranquillité du lieu est perturbée par une bande d'adolescents bruyants et agressifs qui s'installent avec leur Rottweiler juste à côté d'eux. A bout de nerfs, ces derniers leur demandent de baisser le son de leur radio. Grosse erreur...
Redrum : L’histoire d’un couple lambda soudainement martyrisé par une bande de déséquilibrés, cela ne vous rappelle rien ? La persécution dont sont victimes les deux protagonistes d’Eden Lake se rapproche assurément de films tels que Les chiens de paille, Funny games, ou plus récemment, The strangers. A une différence près : l’action se situe ici en extérieur, au bord d’un lac perdu au beau milieu de la campagne anglaise. Ainsi, la tension résulte non pas de l’exiguïté des lieux mais de la course-poursuite entre gentils adultes et méchants ados (puisque c’est bien de cela dont il s’agit). Plus qu’un film de suspense psychologique, Eden Lake s’apparente donc surtout à un bon vieux survival horror : cet « Eden » n’a rien de paradisiaque… Excellente dans son rôle de proie humaine, Kelly Reilly livre une interprétation musclée, transformant progressivement sensibilité et désespoir en rage animale. Il faut bien cela pour faire le poids face aux jeunes bourreaux, dont la brutalité est sans concessions, ces derniers semblant inarrêtables dans leur folie meurtrière. James Watkins en profite pour développer un discours sur la délinquance juvénile, conférant au film une profondeur insoupçonnée. Hélas, le propos est entaché de quelques facilités et clichés du genre ainsi que de plusieurs incohérences. Était-il nécessaire que Jenny soit institutrice pour justifier la cruauté de sa vengeance ? N’est-il pas, de fait, horrible de songer à tuer un enfant quelle qu’en soit la raison ? Heureusement, le dénouement particulièrement bien orchestré évite ces écueils et glace franchement le sang. 4/5
Tucker : Après un début difficile, cumulant les clichés à une vitesse grand V, James Watkins nous livre un survival poignant et prenant. Eden Lake se compose véritablement de deux parties : la première, avec Steve (Michael Fassbender), la seconde, sans Steve. Je vote, sans la moindre hésitation, pour la seconde ! Car, en plus d’avoir le droit à plusieurs poncifs du genre au départ, le personnage du gentil petit ami (Steve) se révèle particulièrement agaçant. Une seule envie nous submerge : qu’il crève, et vite… Passons donc à la seconde partie, menée tambour battant. Celle-ci est une chasse à l’homme (ou plutôt à la femme) hallucinante, virant dans une brutalité immense, notamment lors d’une scène éprouvante où la bande de sales gamins jouent avec le feu… Au final, Eden Lake s’avère être une œuvre "coup de poing", d’une violence psychologique inouïe, qui nous prend finalement aux tripes, à tel point qu’il est impossible d’en ressortir indemne… Mention spéciale à Brett (Jack O’Connell), incroyablement vicieux, pervers, violent. Si c’est ça la jeunesse d’aujourd’hui, on a du souci à se faire… 3,5/5
Genre : Suspense / Drame psychologique / Survival horror
Réalisateur : James Watkins
Acteurs : Kelly Reilly, Michael Fassbender, Thomas Turgoose, Jack O’Connell
Durée : 1h30
Année de production : 2008 (Grande-Bretagne)









Vos commentaires